Les enseignants du centre

Sa Sainteté le 101ème Ganden Tripa Loungri Namgyel Rimpoché

Sa Sainteté Tri Rimpoché Longri Namgyel est née en 1927, dans la région du Kham, située dans la partie orientale du Tibet. Sa famille établie dans le village de Lene-pa portait le nom de Gnè Sar Tsang et, comme la quasi-totalité des habitants de ce pays, vivait de culture et d’élevage.

Il avait deux sœurs et eut, plus tard, un demi-frère et une demi-sœur.

Lorsqu’il eut entre sept et huit ans, ses parents décidèrent de le mettre au monastère de Yangteng-Détchen-Ling, situé à proximité. Son oncle y résidait et s’occuperait désormais de lui.

Dès son entrée au monastère, il prend les vœux d’Oupasaka et se soumet aux « Trois changements » : tonte des cheveux, port du vêtement monastique, requête solennelle adressée à l’abbé du monastère où le postulant se déclare décidé à devenir moine. Vers l’âge de 9 ans, il reçoit l’ordination mineure (skrt. Shramenara).

Durant sa vingtième année, il se rend au grand monastère de Lithang. Il n’y avait, à l’époque, ni routes, ni véhicules à moteur et les distances se comptaient en jours de marche. Trois jours séparaient donc Yangteng-Détchen-Ling de Lithang. C’est là que Sa Sainteté Tri Rimpoché Longri Namgyel recevra l’ordination majeure (skrt. Bikshou). Puis il regagnera son monastère.

Durant toutes ces années passées à Yangteng-Détchen-Ling, il se consacre à la mémorisation complète et à l’apprentissage des grands rituels. Il y reçoit également des enseignements doctrinaux. En 1949, ayant achevé le cursus d’études de son monastère d’origine, il décide de quitter sa région natale pour se rendre à Lhassa et y intégrer l’un des grands monastères de philosophie.

À dos de chevaux et de mules, le voyage, depuis la région du Kham jusqu’au Tibet central, durait trois mois. Les montures épargnaient la fatigue mais il fallait les ménager, leur laisser le temps de récupérer et de se nourrir à chaque étape. Les voyageurs s’arrêtaient dans le milieu de l’après-midi et repartaient très tôt le lendemain matin.

Lorsque Sa Sainteté Tri Rimpoché Longri Namgyel arrive à Lhassa, il entre au collège monastique de Shartsé Norling du monastère de Ganden fondé en 1409 par le grand maître Djé Tsong Khapa. Il s’y consacre à l’étude des grands traités de philosophie bouddhiste : Pramana (la logique et les moyens de connaissance valide), Prajanaparamita (la perfection de sagesse), Madhyamika (la philosophie de la Voie du milieu), Abhidharma (la phénoménologie) et Vinaya (la règle monastique).

En 1959, lorsqu’à Lhassa éclate l’insurrection du peuple tibétain contre l’occupant chinois, il doit interrompre ses classes de Madhyamika, fuyant, comme plusieurs milliers de ses compatriotes, la répression chinoise. L’Inde offrit alors asile aux exilés tibétains.

Environ mille cinq cents moines issus des quatre traditions tibétaines (nyingma, sakya, kagyu et guéloug) sont alors regroupés à Buxa Duar, tout près de la frontière bouthanaise, et logés dans les locaux d’une prison désaffectée. Eloigné de toute agglomération et des voies de communication, l’endroit avait été laissé à l’abandon après le départ des Britanniques.

Les moines tentèrent d’y apporter quelques améliorations mais, n’ayant pas d’autres ressources que l’aide internationale, leurs moyens étaient on ne peut plus limités et les conditions de vie y demeurèrent difficiles. Néanmoins, tous les moines, soudés par l’épreuve de l’exil et la précarité de leur situation s’attelèrent avec enthousiasme et détermination à reprendre le cours de leurs études et à poursuivre leurs pratiques. Bon nombre d’entre eux se consacrèrent également à d’intensives retraites de méditation.

Sa Sainteté Tri Rimpoché passera sept années à Buxa Duar, étudiant successivement le Madhyamika, l’Abhidharma et le Vinaya.

En 1967, il part pour Varanasi (Bénarès) où il intégre le département d’Études tibétaines de l’université sanskrite, qui permet aux moines seniors d’approfondir leur connaissance des cinq grands traités de philosophie bouddhiste. À l’issue d’un cursus de trois ans, il se voit décerner le titre d’acharya, « maître », équivalent de docteur en philosophie. Les moines plus jeunes qui entrent à l’université sanskrite doivent commencer par l’étude du sanskrit, et leur cursus dure environ neuf ans.

Il se rend alors à Dharamsala où, en présence de Sa Sainteté le Dalaï-Lama, avec une quarantaine d’autres moines, il se soumet aux examens préliminaires exigés des candidats jugés aptes au titre de guéshé lharampa, que l’on pourrait comparer à un doctorat supérieur. Pendant dix-huit jours consécutifs, il dut s’engager dans des disputations sur des sujets imposés tirés des cinq grands traités. (Ceci constitue la première étape vers l’obtention du titre de guéshé lharampa.). À l’issue de cet examen, Sa Sainteté Tri Rimpoché sera classée 1ère de sa promotion.

Puis il gagnera Mundgod, dans le Karnataka, en Inde du sud, où ont été reconstituées deux des plus grandes universités monastiques de la région de Lhassa (Drépung et Ganden). (Le monastère de Séra s’est établi dans la même province, à Bylakuppé).

Il consacre les mois qui suivent à l’obtention des niveaux successifs de guéshé précédant le titre de guéshé lharampa, ce qu’il n’avait pas pu faire auparavant du fait de son séjour prolongé à Varanasi (Bénarès).

Puis il passera les épreuves décisives conduisant à l’obtention officielle du titre. Celles-ci consistent en un examen interne au monastère. Le candidat doit alors débattre successivement avec toutes les classes du monastère, depuis celles des débutants qui étudient les rudiments de la logique (Les sujets rassemblés) jusqu’aux classes les plus avancées des guéshés lharampas. Il doit ensuite, dans un débat formel, défendre sa position philosophique devant les centaines de moines du monastère assemblés, libres de l’interroger des heures durant sur n’importe quel sujet du cursus.

En 1971, à Dharamsala, durant les célébrations de la Grande Prière, à l’issue de confrontations philosophiques se déroulant sur plusieurs jours, Sa Sainteté Tri Rimpoché reçoit officiellement le titre de guéshé lharampa confirmant son précédent classement.

Il intégre alors l’université tantrique de Gyouteu où, auprès du grand abbé Lobsang Tenpa, il approfondit sa connaissance des tantras, en particulier de Sangwa Dupa (skrt. Guhyasamadja), de Khorlo Détchog (skrt. Chakra Samvara) et de Dordjé Djiktché (skrt. Vajra Bhaïrava).

Il retourne ensuite à Dharamsala où il recevra de nombreux enseignements sur les soutras et les tantras de Sa Sainteté le Dalaï-Lama et de ses deux tuteurs : Yongdzine Ling Rimpoché et Yongdzine Trichang Rimpoché.

En 1972, après s’être soumis à cinq journées intensives d’examen, il obtient le diplôme de guéshé ngagrampa (docteur en philosophie spécialisé dans les tantras).

Il retourne ensuite à Varanasi (Bénarès) pour achever des travaux de recherche qu’il y avait entrepris. Il en rédige et publie les conclusions et obtient le titre de Rig Tchig Kang Dzine attribué à des savants spécialisés dans un domaine particulier.

Invité par un centre bouddhiste, il vient en France pour la première fois en 1972. Il restera cinq ans à Paris où il fonde, en 1979, l’association bouddhiste Thar Deu Ling. Durant tous ses séjours parisiens, il y donnera régulièrement de nombreux enseignements sur les points essentiels de la voie bouddhiste (tels que les Quatre Nobles Vérités, la Voie Progressive vers l’éveil, L’Entrée dans la conduite des Bodhisattvas, les Huit Versets pour l’entraînement de l’esprit, etc.). Il impressionne ses auditeurs par la clarté et la rigueur de ses enseignements. Nombre d’entre eux deviendront ses fidèles disciples auxquels il prodiguera inlassablement ses conseils avisés, adaptés à leur situation, à leurs capacités et à leurs dispositions personnelles. Il leur confèrera également diverses initiations.

En 1983, Sa Sainteté le Dalaï-Lama le rappelle en Inde pour lui confier la charge de lama oumdzé puis d’abbé du monastère de Gyou Teu, aujourd’hui célèbre à travers le monde pour les sonorités graves et profondes de ses chants rituels.

En 1985, il est délégué par Sa Sainteté le Dalaï-Lama en tant que représentant mondial du bouddhisme au grand colloque œcuménique d’Assise (Italie) réuni à l’initiative du Pape Jean-Paul II. L’année suivante, il demande à être libéré de ses hautes fonctions pour revenir poursuivre ses enseignements en France.

En 1992, il devient abbé du collège monastique de Ganden Shartsé puis, en 1995, Sharpa Tcheudjé, second dignitaire de l’école Guéloukpa.

En 2003, Sa Sainteté le Dalaï-Lama le nomme Ganden Tripa. Il devient ainsi le chef spirituel de l’école Guélougpa, le plus haut dignitaire de cette tradition, et le 101è successeur du grand maître Djé Tsong Khapa, qui fonda cette tradition au XIVè siècle. Il assurera cette fonction pour sept ans.

Durant toute cette période, il voyagera fréquemment en Inde et dans divers autres pays d’Asie (à Taiwan et à Singapour notamment), transmettant les enseignements bouddhistes des soutras et des tantras à des assemblées réunissant parfois jusqu’à 3 000 personnes.

A l’issue de ces sept années, il sera désormais appelé « Sa Sainteté Tri-sour Longri Namgyel Rimpoché » (« ex Ganden Tripa »), ce titre rappelant la haute fonction qu’il a précédemment occupée en tant que 101e Ganden Tripa, dont il est à présent retraité.

Il réside aujourd’hui à Paris et ne cesse d’animer la vie de l’association Thar Deu Ling en prodiguant ses conseils éclairés et apportant son continuel soutien à ses disciples.

Ce long parcours est, certes, celui d’un grand savant qui a consacré une large partie de sa vie à l’étude des enseignements du Bouddha jusqu’à atteindre les sommets d’une érudition rarement égalée de nos jours, mais pour qui le savoir n’a de sens que s’il s’accompagne d’une implication personnelle dans la pratique mise au service du bonheur d’autrui.

Vous qui incarnez l’éthique dans toute sa pureté, Par votre exemple, vous donnez vie aux enseignements des maîtres Kadampas d’autrefois. Vous ne recherchez ni le gain ni les honneurs. Votre haut rang jamais ne ternit Ni votre humilité, ni votre droiture. Le contentement et la simplicité sont votre apanage. Vous qui réunissez toutes les qualités des grands sages, Aux disciples qui ne peuvent consacrer de longues années à l’étude du Dharma vaste et profond, Vous offrez la certitude de votre connaissance claire. Sans vous limiter aux mots mais maîtrisant le sens Confirmé par votre expérience, Jamais lassé d’expliquer, Vous dissipez le doute et suscitez la foi. Avec la pure motivation de conduire tous les êtres à la suprême libération, Écartant le souci de votre propre bonheur, Vous exhortez les disciples à la pratique, Et les conseillez avec sagesse et bienveillance. Puissent vos disciples agir selon vos instructions, Et vous faire offrande de leurs mérites ainsi accomplis. Puissiez-vous demeurer longtemps encore dans cette vie.

Le Vénérable Guéshe Lobsang Yéshé

Le Vénérable Guéshe Lobsang Yéshé est né en 1965. Très tôt, il montre des dispositions qui le conduisent naturellement à entrer au monastère situé près de son village puis à prendre, à l’âge de 14 ans, les vœux de moine novice. A 16 ans, il quitte sa province laissant derrière lui sa famille, ses amis et le pays de son enfance pour réaliser ses vœux les plus chers : être ordonné moine, voir Sa Sainteté le Dalaï-Lama et accomplir le cursus complet des études monastiques de l’école Guélougpa. Arrivé en Inde, il intègre finalement le nouveau monastère de Ganden.

Il reçoit alors de Sa Sainteté le Dalaï-Lama et de Sa Sainteté le 98ème Ganden Tripa Djam Pel Shene Pene, l’ordination complète de moine et commence alors l’exigeant et très long cursus des universités monastiques de la lignée Guélougpa.

A Ganden, dans le Sud de l’Inde, il étudie de manière approfondie les cinq grands textes classiques de la philosophie bouddhiste appartenant au domaine des Soutras auprès de grands maîtres de philosophie, tels que les vénérables Losang Tenpa Rinpotché et Lati Rinpotché. Il est instruit dans le domaine des Tantras par des maîtres éminents tels que les vénérables Lati Rimpotché, Losang Tène Dar Rimpotché et Losang Tène Pa Rinpotché et effectue toutes les retraites requises. Il reçoit, en outre, de nombreuses initiations, transmissions et instructions de maîtres incomparables tels que Sa Sainteté le Dalaï-Lama, Sa Sainteté le 101e Ganden Tripa Loungri Namgyel Rimpotché, les très vénérables Dzé Mè Rinpotché, Lati Rinpotché, Déma Lotcheu Rinpotché …

En 2002, à Bodh Gaya et au monastère de Ganden, il passe avec succès les examens de Gueshe Lharampa, le niveau le plus élevé des études philosophiques de la tradition guélougpa. Depuis le mois de juin de la même année, appelé en France par Sa Sainteté le 101ème Ganden Tripa, Loungri Namgyel Rimpotché, le vénérable Guéshé Lobsang Yéshé enseigne les Soutras et les Tantras, à l’association Thar Deu Ling dont il est aujourd’hui le directeur spirituel.

En 2012, il se rend en Inde où il passe avec succès les examens de Guéshé Ngagrampa (expert dans le domaine des Tantras).

Toujours très disponible, le Vénérable Guéshé Lobsang Yéshé, avec une inlassable bienveillance, accompagne les disciples dans leur pratique en les aidant de ses précieux conseils.